Douvrin : Stellantis ferme son usine historique de moteurs

Bâtiments industriels d'une usine automobile dans le Pas-de-Calais en reconversion vers les batteries électriques

Après plus de cinquante-cinq ans d’activité, l’usine Stellantis de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, va cesser toute production le 30 octobre 2026. Longtemps symbole industriel du bassin minier reconverti, le site tourne définitivement la page du moteur thermique. Mais loin d’un simple récit de fermeture, c’est une reconversion déjà largement engagée qui se joue sous les yeux des habitants du Pas-de-Calais, avec la montée en puissance d’une gigafactory de batteries voisine.

Un site historique né du déclin des mines

Fondée en 1969 par Peugeot et la Régie Renault sous le nom de Française de Mécanique, l’usine de Douvrin avait été implantée pour offrir de nouveaux débouchés industriels à une région alors marquée par la fermeture progressive des puits de mine. Plus de 40 millions de moteurs y ont été assemblés en cinq décennies, des blocs V6 PRV aux motorisations plus récentes PureTech et BlueHDi. Le dernier moteur à sortir des chaînes sera symboliquement un 1.2 PureTech, aujourd’hui commercialisé sous l’appellation Turbo 100.

Pourquoi Stellantis ferme définitivement le site

Selon le constructeur, la décision s’explique avant tout par l’effondrement de la demande pour les moteurs thermiques non hybridés, dans un marché automobile européen désormais tourné vers l’électrification. Il ne reste aujourd’hui qu’une cinquantaine de salariés en CDI et autant d’intérimaires sur le site, contre des effectifs bien plus importants par le passé. Stellantis indique que 337 salariés ont déjà bénéficié d’une solution de mobilité interne, d’un reclassement externe ou d’un plan senior.

La gigafactory ACC, nouveau pilier économique du bassin

C’est là que se trouve l’angle le plus déterminant pour l’avenir du territoire : depuis 2021, Stellantis a engagé la reconversion du site en accueillant la première gigafactory de batteries électriques de France, exploitée par ACC (Automotive Cells Company), coentreprise associant Stellantis, TotalEnergies via Saft, et Mercedes-Benz. Un centre de formation dédié, le « battery training center », a été créé pour accompagner la bascule des compétences, du moteur thermique vers l’assemblage de cellules de batteries. Stellantis précise que 340 salariés ont déjà rejoint la gigafactory ACC depuis son ouverture, un chiffre appelé à croître à mesure que les besoins en main-d’œuvre du site augmentent.

Ce que cela change pour l’économie locale

  • Fin programmée de la production thermique le 30 octobre 2026, après 57 ans d’activité continue.
  • Reclassements majoritairement internes, avec un mouvement de bascule vers la gigafactory ACC voisine et d’autres sites du groupe comme Valenciennes ou Hordain.
  • Émergence d’une nouvelle filière régionale autour des batteries électriques, avec des besoins de recrutement et de formation continue dans le Pas-de-Calais.
  • Un symbole de la transition industrielle du bassin minier, déjà engagé dans une deuxième reconversion en une génération.

Pour les habitants et les acteurs économiques locaux qui suivent ces mutations, quelques astuces pratiques pour anticiper une reconversion professionnelle peuvent s’avérer utiles, tout comme un suivi régulier de l’actualité économique et financière locale. Les évolutions du foncier industriel autour du site, elles, relèvent davantage de l’actualité immobilière régionale à surveiller dans les prochains mois.

Questions fréquentes

Quand l’usine Stellantis de Douvrin ferme-t-elle définitivement ?

La cessation totale d’activité est prévue le 30 octobre 2026, avec la sortie symbolique du dernier moteur thermique produit sur le site.

Que deviennent les salariés de l’usine ?

Selon Stellantis, 337 salariés ont déjà bénéficié d’une mobilité interne, d’un reclassement externe ou d’un plan senior, tandis que 340 ont rejoint la gigafactory ACC installée juste à côté.

Qu’est-ce qui remplace la production de moteurs sur le site ?

Le site accueille depuis 2021 la première gigafactory de batteries électriques de France, exploitée par ACC, coentreprise de Stellantis, TotalEnergies (Saft) et Mercedes-Benz.

Sources

France 3 Hauts-de-France —
Auto Infos —
AEF info

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